04.01.2008

La publicité

Je vois tant de gens dire du mal de la publicité et décrire ce phénomène avec des grandes condamnations de principe. Puisqu'on est d'accord sur ce point, je dirai à présent que sans l'acceptation d'une notion de vrai, l'état de fait qui est alors décrit dans ces grandes tirades est l'aboutissement logique de notre société.

En effet, ce qui est aujourd'hui élevé aux nues est "l'esprit ciritique" et non plus la faculté de proposer, d'adhérer. Mon propos est qu'aussi intelligente qu'elle soit, une pensée bâtie sur la négation ne peut rien amener de bon et que c'est la situation dans laquelle je trouve beaucoup d'intellectuels ou penseurs d'aujourd'hui. L'activité intellectuelle se tourne presqu'intégralement vers l'exercice de l'esprit critique, où on montre du doigt les failles, dans le but d'au final détruire l'erreur de l'autre plutôt que d'affirmer la parole ou l'action juste.

Refuser l'existence de quelque chose de juste et bon par un exercice systématique de l'esprit critique entraîne la chute de ce qui est enviable depuis le juste et bon vers le beaucoup. Ce refus entraîne forcément la valorisation extrême du beaucoup, c'est à dire la publicité. J'aurais donc tendance à prendre pour nulle et non avenue une pensée qui ne fera que critiquer cet état, puisqu'elle ne fait que le nourrir.

Notre société démocratique elle-même repose sur la valorisation de la quantité et dégénère donc forcément vers la publicité. C'était le prix à payer pour pouvoir enfin remettre en question l'autorité et nous l'avons fait, nous avons choisi cette voie sans nous rendre compte que c'était à terme la dictature de la bêtise, car le pouvoir ne peut à présent plus qu'appartenir à celui qui le désire, ce qui est grave et mauvais.

Ce que nous avons choisi n'était pas le règne de la quantité, c'était la liberté de pouvoir dire non. Nous transformons cette liberté en la dévalorisation du fait de dire oui : "croire" est aujourd'hui péjoratif.

Je veux bien qu'on dise du mal de la publicité, car on aurait raison de le faire. Mais alors, disons aussi du mal de la notoriété, du pouvoir, du vote, qui sont tous des aspects de la même chose. Mettons en avant la lumière interieure, l'essence, la connaissance inexplicable à chaque instant de l'action juste à accomplir, acceptons d'avoir des choses à apprendre. Le manque de droiture nourrit le système de la quantité car il génère de vaines paroles.

Puisque le juste et le bon sont aujourd'hui refusés aux paroles ou aux idées, je ne cherche plus qu'à les mettre en avant au niveau des actions. Dire du mal de la publicité et y travailler est un manque de droiture. Dire du mal de la publicité et se préoccuper pour sa notoriété est un manque de droiture.


Les déclarations de principe que je lis contre la publicité sont assez faciles et très discutables : la publicité est l'acte par lequel on valorise la quantité, c'est donc le moteur de notre aberrante culture du nouveau. Dès qu'on parle d'originalité pour qualifier la beauté, on rentre dans le champ intellectuel de la publicité.

Brider ses besoins, brider ses envies et se contenter de ce qu'on a sont la seule porte d'entrée pour une véritable action contre cet état de fait. Mais combien sont prêts à d'abord agir sur eux même plutôt que de dire du mal du mode de vie "des autres" ?

27.11.2007

Les grelots du président

Au sujet de la lutte contre "le piratage" et de la diffusion massive et incontrôlée de la culture, le fou du Roi a dit :

 

"On dit parfois que quand personne ne respecte la loi, c’est qu’il faut changer la loi. Sauf que si tout le monde tue son prochain, on ne va pas pour autant légaliser l’assassinat."

 

 

Il mélange les commandements de Dieu et ceux des hommes. Mettre sur le même plan tous les délits est le signe d'une époque de déliquescence des valeurs. Son véritable propos est :

 

 

"Si le pain poussait dans les rues, il faudrait obliger les gens à continuer de l'acheter chez le boulanger".

 

 

Et sonnent les grelots. 

 

15.11.2007

ce qui fait rire les cyniques

ce qui fait rire les cyniques, c'est le choix de la concrétisation. Le choix de la concrétisation est le moment où on décide de rejoindre tous ceux qui font ce qu'on estime qu'il faudrait faire. C'est le moment où on se dénude pour faiblement affirmer le positif au lieu de jouir de l'assouvissement de la volonté de puissance provoqué par la négation du négatif.

 

La négation de ce qui est négatif est l'intellection, l'affirmation de ce qui est positif est l'action, mais l'action nécessite l'anonymat, parce qu'elle nécessite une implication personnelle. La pudeur mal placée du cynique est celle qui le pousse à ne jamais agir pour la raison que d'autres pourraient le comprendre et le rejet de cette compréhension comme quelque chose de dégradant. 

 J'ajoute que l'affirmation du positif ne doit pas être le report sur les autres de contraintes qu'on ne s'impose pas d'abord à soi même. 

 

 

 

La compréhension de ce mystère attendrit le coeur